Résonance du minimalisme : Piano Phase de Steve Reich (1967), une construction généreuse

Imaginons un instant que l’on ne puisse plus appuyer sur ‘‘Pause’’. Que la musique ne s’arrête plus jamais. On ne saurait plus quand le morceau à l’écoute dans le lecteur a commencé, à quel moment il s’interrompt pour repartir. La musique tournerait en boucle, elle serait une sorte de ligne continue, sans début ni fin.

Le feuilleton Vija Celmins (3) : Marcher

Retrouvez ici des extraits de la monographie Vija Celmins, Home is where the art is.

Marcher le long de l’océan ou dans le désert 

Jules Olitski, Departure of Angels

Encore peu connu en France, le peintre Américain Jules Olitski (1922-2007) est un des principaux représentants du courant de la Color Field Painting,
étroitement liée à l’Expressionnisme abstrait, aux côtés notamment de Mark Rothko, Clyfford Still et Kenneth Noland.

Le feuilleton Vija Celmins (2) : Just Pulled the Trigger

Extraits de la monographie Vija Celmins, Home Is Where The Art Is.
Extrait en version anglaise (traduction : John Tittensor)

He has just pulled the trigger. Arm outstretched, he is pointing the still-hot pistol. No movement. Only silence. The smoke like a motionless cloud suspended in space. Just these three elements painted on a gray ground? Let us look closer. The smoke escapes from the pistol as a slight movement. One would say that the action is not really completed: it lingers in the air, intrudes on it.

Sur Josephine Halvorson, la Villa Médicis, Produire

Au printemps 2015, je retrouve Josephine Halvorson à Rome, alors qu’elle est depuis quelques mois pensionnaire à la villa Médicis. Plutôt que de contempler la vue imprenable sur Saint-Pierre que lui offre une des fenêtres de l’atelier, elle continue de peindre des portes et des huisseries et se penche sur les allées désertes de la villa.

sur Toba Khedoori

Les dessins de Toba Khedoori n’ont rien de lyrique. Ils sont expansifs d’une autre manière, par le sujet représenté (les montagnes, les nuages, une série de portes)  par leur format (d’immenses feuilles rarement encadrées, un espace flottant et sûr), par la densité et la concentration du dessin (un tas de cailloux, des gradins suspendus dans le vide).
Débordants comme ce qui ne peut être contenu, ce qui se distend, se dilate. L’artiste cible ses sujets en les isolant au centre de la feuille: une corde et rien d’autre, une croix, une chaise, un morceau de mur, une maison, un feu de cheminée…

Nouvelles abstractions aux Etats-Unis: La peinture, retour aux sources / artpress 420 (mars 2015)

L’abstraction connaît aux Etats-Unis un regain d’intérêt auprès de la nouvelle génération d’artistes, qui, massivement et à travers des propositions aussi diverses que variées, s’intéresse à cette forme.

Flux (Flow): films de Stan Souglas et Kahlil Joseph

Une jam-session d’un groupe fictif de jazz-funk à The Church (célèbre studio d’enregistrement des Columbia Records sur 30th street à New York, actif dans les années 1970). Une boucle de 6h, groove sans fin.
Un portrait des communautés afro-américaines aujourd’hui, dans la ville de Compton, une banlieue de Los Angeles. En plans décalés sur un split screen.

Agnes Martin, Cy Twombly, Richard Diebenkorn

En regardant deux toiles d’Agnes Martin, Untitled # 5 (1988) et Falling Blue (1963), je repense à la série The Islands (1979) vue l’année dernière au Whitney Museum à New York. Troublante impression d’être au même endroit, au même moment. Je pense aussi à la célèbre conférence de l’artiste, « La perfection inhérente à la vie ». Le geste d’Agnes Martin n’est pas parfait. L’harmonie de l’œuvre est liée à la cohérence du travail, à la répétition, à la discipline d’atelier ; la justesse du trait est dans le faux-pas, elle provient du léger tremblement de la main qui trace. Sous le bleu de Falling Blue (le bleu qui tombe), des ombres.

In motion. Peintures de Josephine Halvorson

(Résidence d’écriture à Moly-Sabata, 2014)