Flux (Flow): films de Stan Souglas et Kahlil Joseph

Une jam-session d’un groupe fictif de jazz-funk à The Church (célèbre studio d’enregistrement des Columbia Records sur 30th street à New York, actif dans les années 1970). Une boucle de 6h, groove sans fin.
Un portrait des communautés afro-américaines aujourd’hui, dans la ville de Compton, une banlieue de Los Angeles. En plans décalés sur un split screen.

Piano Phase, de Steve Reich ou la musique comme processus graduel

Cette pièce de 1967 est composée d’une partition de départ de trente deux mesures sous-divisée en trois sections, chaque section reprenant un même motif de base. La première partie est la plus longue et complexe des trois, basée sur un motif de 12 notes. Pas évident (lors de la première écoute au moins) de prévoir les moments d’accélérations ou le retour à l’unisson, et même, d’entendre les changements tant ils sont graduels et semblent pleins du moment ou de la note qui les précède. On ne peut qu’effleurer la différence d’une note à l’autre, d’un moment à l’autre tant ils semblent se fondre dans le suivant. Il n’y a pas de rupture, aucun cycle n’est véritablement marqué. Ce n’est ni une reprise (comme dans Vexation d’Erik Satie), ni exactement lancinant comme un refrain, ni fluctuant comme des variations (comme dans Mad Rush / Metamorphosis de Philip Glass). Ce n’est pas juste une répétition du même, et la notion de répétition peut elle-même être discutée.

sur Toba Khedoori

Les dessins de Toba Khedoori n’ont rien de lyrique. Ils sont expansifs d’une autre manière, par le sujet représenté (les montagnes, les nuages, une série de portes)  par leur format (d’immenses feuilles rarement encadrées, un espace flottant et sûr), par la densité et la concentration du dessin (un tas de cailloux, des gradins suspendus dans le vide).
Débordants comme ce qui ne peut être contenu, ce qui se distend, se dilate. L’artiste cible ses sujets en les isolant au centre de la feuille: une corde et rien d’autre, une croix, une chaise, un morceau de mur, une maison, un feu de cheminée…

Agnes Martin, Cy Twombly, Richard Diebenkorn

En regardant deux toiles d’Agnes Martin, Untitled # 5 (1988) et Falling Blue (1963), je repense à la série The Islands (1979) vue l’année dernière au Whitney Museum à New York. Troublante impression d’être au même endroit, au même moment. Je pense aussi à la célèbre conférence de l’artiste, « La perfection inhérente à la vie ». Le geste d’Agnes Martin n’est pas parfait. L’harmonie de l’œuvre est liée à la cohérence du travail, à la répétition, à la discipline d’atelier ; la justesse du trait est dans le faux-pas, elle provient du léger tremblement de la main qui trace. Sous le bleu de Falling Blue (le bleu qui tombe), des ombres.

Georgia O’ K – peintures, impressions (1922-1924) / Dorothée DH – le moment où (2016)

Depuis 1921, le couple Stieglitz-O’Keeffe passe ses étés au bord de Lake George dans les Adirondacks Mountains.

Après avoir lu la correspondance et les propos de Georgia O’Keeffe, j’ai eu envie de m’en inspirer et d’inventer un récit à la première personne, dont la narratrice serait O’Keeffe. En relisant ce texte trois ans après, alors que je me suis maintenant lancée dans la photographie et ma propre production artistique,  je suis troublée, ne sachant plus vraiment si c’est elle qui parle ou moi. Ce texte m’apparaît comme le manifeste de ce basculement, de ce passage que je cherchais à signifier dans le travail sans avoir réussi jusqu’ici à y parvenir.

     Je sais aujourd’hui que je veux donner un équivalent à ce que je vois, aux couleurs de la nature… Rendre compte de la beauté, ses mouvements, ses variations presque imperceptibles, sa force tellurique, autant que sa douceur organique. Ma curiosité est inlassable car l’intensité de la nature est inépuisable. Je ne peux pas montrer avec précision ce que je vois, ce que j’ai vu, car je veux que ceux qui regardent mes tableaux éprouvent des sensations à leur tour. Il me faut transmettre les sentiments que j’ai au contact de la nature. Je crois que vous autres photographes vous m’avez fait voir, ou plutôt sentir des couleurs nouvelles. Et je crois que ce qui me plaît quand j’observe la nature, quand je suis dans le paysage, c’est cette présence tellement directe, cette énormité à portée de main ! Je regarde les choses et les vois comme je pense que vous les photographieriez – n’est-ce pas amusant ? – de faire des photographies de Strand pour moi-même, dans ma tête.

après Artists who make “pieces”

Au premier coup d’œil, Artists who make “pieces” de 1976 de l’artiste de Los Angeles Ed Ruscha se compose d’une phrase sur une surface neutre. D’une phrase qui se découpe sur un fond coloré dans des tons rose orangé. D’une phrase réalisée dans une police de caractère basique (Sans serif) à l’aide d’un pochoir en film acétate. Ce dessin est une phrase solide, claire dans la couleur vaporeuse, nuancée.

Josephine Halvorson, Slow Burn

Solo museum exhibition at the Southern Center for Contemporary Art Winston-Salem, NC, curated by Cora Fisher.

Echelle Paintings : Riverworks (Eng. /VF) in Halvorson_SlowBurn.pdf

Nouvelles abstractions aux Etats-Unis: La peinture, retour aux sources / artpress 420 (mars 2015)

L’abstraction connaît aux Etats-Unis un regain d’intérêt auprès de la nouvelle génération d’artistes, qui, massivement et à travers des propositions aussi diverses que variées, s’intéresse à cette forme.

Peindre à Los Angeles en 1966: Freeway, de Vija Celmins

« Entre les mains de Celmins, la vue industrielle des camions, des nuages et des panneaux publicitaires dans l’ombre est un exemple probant de l’obsession à L.A. pour la culture automobile : J’étais cependant surpris de constater que l’artiste n’avait pas exploré plus loin cette mine de sujets pour ses tableaux ».
Brooks Adams, ‘‘Visionnary Realist’’, Art in America, Octobre 1993.

Freeway n’est pas un très grand format et pourtant, cette peinture est incroyablement ouverte, comme illimitée, suspendue entre la luminosité de l’asphalte et le ciel nuageux.

Live from Somewhere, de Tammy Rae Carland

L’exposition de Tammy Rae Carland qui s’est tenue à la Jessica Silverman Gallery à San Francisco en ce début d’année présentait une nouvelle série d’œuvres de l’artiste.