Entretiens 2017-2018

Agnes Martin, Cy Twombly, Richard Diebenkorn

En regardant deux toiles d’Agnes Martin, Untitled # 5 (1988) et Falling Blue (1963), je repense à la série The Islands (1979) vue l’année dernière au Whitney Museum à New York. Troublante impression d’être au même endroit, au même moment. Je pense aussi à la célèbre conférence de l’artiste, « La perfection inhérente à la vie ». Le geste d’Agnes Martin n’est pas parfait. L’harmonie de l’œuvre est liée à la cohérence du travail, à la répétition, à la discipline d’atelier ; la justesse du trait est dans le faux-pas, elle provient du léger tremblement de la main qui trace. Sous le bleu de Falling Blue (le bleu qui tombe), des ombres.

Georgia O’ K – peintures, impressions (1922-1924) / Dorothée DH – le moment où (2016)

Depuis 1921, le couple Stieglitz-O’Keeffe passe ses étés au bord de Lake George dans les Adirondacks Mountains.

Après avoir lu la correspondance et les propos de Georgia O’Keeffe, j’ai eu envie de m’en inspirer et d’inventer un récit à la première personne, dont la narratrice serait O’Keeffe. En relisant ce texte trois ans après, alors que je me suis maintenant lancée dans la photographie et ma propre production artistique,  je suis troublée, ne sachant plus vraiment si c’est elle qui parle ou moi. Ce texte m’apparaît comme le manifeste de ce basculement, de ce passage que je cherchais à signifier dans le travail sans avoir réussi jusqu’ici à y parvenir.

     Je sais aujourd’hui que je veux donner un équivalent à ce que je vois, aux couleurs de la nature… Rendre compte de la beauté, ses mouvements, ses variations presque imperceptibles, sa force tellurique, autant que sa douceur organique. Ma curiosité est inlassable car l’intensité de la nature est inépuisable. Je ne peux pas montrer avec précision ce que je vois, ce que j’ai vu, car je veux que ceux qui regardent mes tableaux éprouvent des sensations à leur tour. Il me faut transmettre les sentiments que j’ai au contact de la nature. Je crois que vous autres photographes vous m’avez fait voir, ou plutôt sentir des couleurs nouvelles. Et je crois que ce qui me plaît quand j’observe la nature, quand je suis dans le paysage, c’est cette présence tellement directe, cette énormité à portée de main ! Je regarde les choses et les vois comme je pense que vous les photographieriez – n’est-ce pas amusant ? – de faire des photographies de Strand pour moi-même, dans ma tête.

Nouvelles abstractions aux Etats-Unis: La peinture, retour aux sources / artpress 420 (mars 2015)

L’abstraction connaît aux Etats-Unis un regain d’intérêt auprès de la nouvelle génération d’artistes, qui, massivement et à travers des propositions aussi diverses que variées, s’intéresse à cette forme.

Abstraction, Words and The World / for Frieze

(extrait/abstract)

« The it-pleases-or-displeases-me, which as a feeling
seems so utterly private and non communicative, is actually
rooted in this community sense once it has been transformed by reflection,
which takes all others and their feelings into account.
Hannah Arendt, Lectures on Kant’s Political Philosophy

Jules Olitski

Encore inconnu en France, le peintre Américain Jules Olitski est, aux côtés notamment de Mark Rothko, Clyfford Still, Kenneth Noland, un des principaux représentants du courant de la Color Field Painting, étroitement liée à l’Expressionnisme abstrait. Remarqué dès 1958 par le très influent critique Clement Greenberg à l’occasion d’une  première exposition personnelle à New York1, Olitski a fait l’objet d’innombrables expositions aux Etats-Unis et à l’étranger sans qu’aucune rétrospective majeure ne lui soit à ce jour consacrée en France2.

Immersion/ Franz Ackermann, Elisabeth Ballet, James Turrell [exposition, 2011] – Voyage sentimental [exposition, 2009] – Scénographies [exposition, 2009] – Permutations, 40 artistes 1 musée vide [exposition, 2008]  

James Turrell, Pink Mist
James Turrell, Pink Mist (2001) (Collection Fundación Almine y Bernard Ruiz-Picasso para el Arte / Courtesy Galerie Almine Rech)

Vous me direz, d’Elisabeth Ballet [conférence]

Elisabeth Ballet, Vous me direz, 2014, sculpture sonore réalisée en collaboration avec Cécile Chagnaud monteuse acousticienne
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Invitée dans le cadre du programme des Nouveaux commanditaires initié par la Fondation de France, Elisabeth Ballet a réalisé en 2014 une œuvre pour l’ancienne Communauté de communes d’Eyrieux-aux-Serres dans le Parc naturel régional des Monts d’Ardèche.