Boris Mikhailov

in Spécial Biennale de Venise/ artpress 444 (mai 2017)
Fin 2013, au moment des manifestations pro-européennes sur le Maïdan à Kiev, Boris Mikhailov réalise une série photographique, The Theater of War, Second Act, Time Out, December 2013. Une des photographies montre un groupe de manifestants (…)
seulement armés de drapeaux, qui s’avancent vers le bord de l’image repeinte sommairement en blanc. Par ce geste, l’artiste ukrainien affirme une fois encore le caractère résolument non-objectif de la photographie : la fenêtre ouverte sur le monde[1] est ici une vitre trouble, comme passée au blanc d’Espagne, et le théâtre des opérations, un espace flottant, entre actualité et Histoire. Celui qui s’est vu accusé de subversion politique et morale sait la puissance d’impact d’une image. Il sait qu’on peut tout faire dire à la photographie et il n’hésite pas lui-même à manipuler les images. La mise en scène est une prise de position qui engage, comme l’attestent son œuvre prolifique depuis les années 1960 et le regard qu’il porte sur le monde, ses dévastations, ses divisions économiques et sociales, ses faux-semblants[2].

Retrouvez la totalité de l’article dans le n°444


[1] Référence à Alberti «  La peinture est une fenêtre ouverte sur le monde ».

[2] De Red, USSR (1968) à l’emblématique série Case History (1997-98), qui comporte plus de 400 photographies sur la vie des sans abri, prises dans la ville industrielle de Karkhov, ville natale de Mikhailov, après l’effondrement du régime soviétique.

https://www.artpress.com/2017/04/21/sommaire-du-n444-mai-2017/