sur Toba Khedoori

Les dessins de Toba Khedoori n’ont rien de lyrique. Ils sont expansifs d’une autre manière, par le sujet représenté (les montagnes, les nuages, une série de portes) comme par leur format (de grandes feuilles rarement encadrées, un espace flottant et sûr). Débordants comme ce qui ne peut être contenu, ce qui se distend, se dilate. L’artiste cible ses sujets en les isolant au centre de la feuille: une corde et rien d’autre, une croix, une chaise, un morceau de mur, une maison… Ils ne décrivent pas une scène ou une impression, ils ne proposent pas une vue d’ensemble ni même une composition ; il y a bien un périmètre mais les contours sont diffus. Il s’agit plutôt d’un prélèvement : quelque chose est là sous nos yeux, livré, brut, que le spectateur aura à prolonger ou dénouer mentalement. Le dessin d’une fenêtre inspiré de Black Widow de Marcel Duchamp reprend la philosophie de l’artiste à cet égard. L’art n’est pas considéré comme une fenêtre ouverte sur le monde mais comme un trait d’esprit, il ne représente pas mais il ouvre au conceptuel, qui est un monde en soi. ©DDH

Toba Kedhoori, LACMA, Los Angeles jusqu’au 19 mars 2017

Toba Kedhoori

Toba Khedoori, Untitled (house), 1995, detail. Courtesy of the artist, Joshua White, Regen Projects, and David Zwirner.